Dimanche 26 février 7 26 /02 /Fév 20:48

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Un week-end en solitaire.

Tous en vacances ou en déplacement familial.

Seule. Pour la première fois depuis exactement : un an.

Personne qui ne se lève avant moi et qui ne cherche à éviter les fameuses lattes du plancher, celles qui grincent avec la même sournoiserie qu’une craie sur le tableau noir et que plus on évite et plus on fait grincer. Rajoutons par-dessus quelques injures matinales : 7h30, dimanche matin, tout le monde est réveillé. La plus petite réclame son chocolat chaud. La grande sœur râle parce qu’elle l’a réveillée. Mon fils grogne dans son lit.

Je sais bien que, jamais de la vie, je n’arriverais à me rendormir.

Mais comme nous dormons dans le clic-clac du salon, il ne me reste pas beaucoup d’options pour m’isoler. Les toilettes ? Mauvais plan… On est cinq à la maison et elles sont dans une salle de bain à double usage. Il y en a toujours un qui ne peut pas se retenir une seconde de plus alors que je tente de prendre un bain « relaxant » et qui trépigne devant la porte jusqu’à ce que je sorte de mon bain, que je trouve une serviette, que je lui ouvre, que j’attende qu’il ait fini, ruisselante dans le couloir, pour enfin espérer regagner mon bain un peu tiède, juste avant de recommencer le même rituel dans quelques minutes…

Non, il ne faut pas se voiler la face, c’est bon d’être seule, parfois.

C’est vrai que les réveils sont plus calmes. Ça en est presque enivrant. Tout ce silence…

Se réveiller naturellement et savourer le luxe du calme, la place dans le lit, le droit de ne rien faire.

Marcher nue dans l’appartement, avec ma tasse de café dans une main et une cigarette dans l’autre. La débauche. La folie totale. Me sentir libre comme un petit papillon qui n’aurait pas à craindre qu’on lui touche les ailes. Quand j’étais petite, j’ai attrapé un papillon, dans notre ancienne maison à côté d’Auch. Il était tellement beau, avec ses grandes ailes jaunes et bleues… Je voulais juste lui dire que je l’aimais. Et je l’ai vu devenir tout frêle dans mes mains. Même quand j’ai voulu le libéré, il n’a pas réussi à s’envoler. Je l’ai déposé dans l’herbe et ses ailes ont arrêté de battre dans tous les sens et il est mort. Là, devant mes grands pieds d’humain. Je me suis sentie tellement coupable… Et ce week-end, je l’ai un peu ressuscité.

Mes grands-parents m’ont envoyé la photo de moi, qui se trouve au-dessus de cet « article », par mail. Je suis vraiment très fière qu’ils aient réussi un tel exploit ! En seulement trente tentatives, y’a du progrès ! Ils veulent tellement bien faire… Mais des fois… C’est trop.

 

J’ai oublié ce temps-là, ce temps où mes parents étaient toujours ensemble et dont je n’ai aucun souvenir. Nada.

Une vieille tapisserie, vaguement. Yves Mourousi à la télé et quelques jeux avec nos quelques filles au-pair. Mais je ne reconnais pas cette petite fille, je ne reconnais pas cette vie.

Un week-end en solitaire.

Où j’ai un peu tourné en rond, culpabilisé de ne pas arriver à écrire, douté de tout, de moi, du monde… Un genre de : « à quoi bon? ». Cet après-midi, je suis allée chercher mon fils à la gare avec une heure d’avance, j’ai un peu tourné en rond… On est rentré, on a fait un peu de musique, il m’a raconté sa semaine de vacances, il est parti jouer à la PS3 dans sa chambre et puis moi, je n’ai rien fait de mieux que de tourner en rond. Et là, après avoir fini de vous écrire, je vais attendre que mon homme rentre vers 22 h, en tournant en rond, comme une petit papillon déjà repus de sa pseudo liberté.

L’être humain n’arrive pas à vivre seul, mais il n’arrive pas non plus à vivre à deux. Avant, un divorce était un drame pour la famille, aujourd’hui, c’est un drame pour notre compte en banque. La femme est devenue un kleenex très coûteux. Un vrai produit de luxe. Nos enfants s’enferment dans leur chambre pour jouer aux jeux vidéo de guerre et nous nous abrutissons devant des documentaires qui nous apprennent comment on doit gérer notre famille, comment on doit régler nos problèmes de couple, comment on doit cuisiner, comment on doit aider les pauvres et même comment on doit décorer notre maison. Peut-être parce que nous avons besoin d’assistance, qu’on ne sait plus ce qu’on doit faire, même si on sent dans le fond du fond de l’air, qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. On recherche des valeurs dignes, je pense, sauf qu’on ne sait plus où les trouver.

Week-end en solitaire.

Ça fait trop réfléchir.

Par lavieendoses.over-blog.com
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